Pourquoi ?
Pourquoi quoi ?
Pourquoi tant de haine ?
Ça, c'est encore un truc de journaliste. Je suis impressionné par le décalage entre ce que colporte la presse et ce que je vis au quotidien. Je prends le métro, je fais les courses, je reviens de la fête de l'école : les gens sont adorables avec moi. En fait, je crois qu'ils comprennent mieux que les médias que cette équipe est en reconstruction et qu'il faut l'aimer. Être patient.
Les gens t'aiment ? Alors, pourquoi te sifflent-ils ? A Saint-Etienne, par exemple...
C'était du dépit. Une soirée ratée. Mauvais match, mauvais résultat, le stade à moitié vide. Ceux qui étaient là étaient influencés par les polémiques.
Facile !
Non. Ce n'était pas un vrai public. Avant le match, ils ont commencé à conspuer Benzema, parce qu'il joue à Lyon. C'est triste, non ?
On a aussi entendu des sifflets et des mots durs contre toi.
A la fin du match, en effet. Le résultat et le match étaient décevants. Cela se comprend. Et puis, pour eux, je reste un Lyonnais. Mais c'est vrai qu'ils m'ont sifflé.
Tiens, cette fois-ci, tu as entendu les sifflets. Au Stade de France, tu l'as nié...
Les sifflets, je les entends, évidemment. Mais je ne dois pas sortir du match. C'est ce que je recommande aux joueurs sans cesse. Il faut rester concentré sur ce que tu as à faire : gagner ! L'adversaire qui chambre, le public qui siffle, tu oublies. Si tu es dans le match, tu n'entends rien. Voilà pourquoi je dis que je n'ai pas entendu.
Et cela crée des malentendus avec une partie du public. Avec la presse, aussi. On entend des anciens joueurs ou entraîneurs à la radio pour qui l'erreur est de ne pas t'avoir remercié après l'Euro raté...
Je m'en tape ! C'est un ou deux avis. Ce n'est pas la vérité. Ils se font payer – très bien d'ailleurs – pour balancer à la télé ou à la radio. Ils font leur « métier » et ça leur permet de bien vivre. Mais cela ne m'intéresse pas. Si seulement ils étaient drôles... De toute façon, c'est biaisé dès le départ. Regarde : quand j'ai mis Gourcuff contre la Serbie, je me suis fait allumer. J'ai estimé qu'il était prêt pour ce type de grand rendez-vous. J'ai eu raison. Mais à quoi bon leur répondre. D'autant plus que nous ne sommes pas encore qualifiés.
Comment vis-tu cette opposition des « 98 » contre toi ?
C'est une légende. Certains s'expriment mais ils n'engagent qu'eux-mêmes. Il n'y a pas de caste ni de tribu alignée derrière la même position. Ce serait vraiment réducteur pour ces champions. J'ai de très bonnes relations avec la plupart d'entre eux.
